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Préparer l'oral du concours de personnel de direction

Publié par Jean-Marc ROBIN sur 11 Février 2015, 10:26am

Préparer l'oral du concours de personnel de direction

L’arrêté du 21 août 2006 modifié fixe le déroulement de l’épreuve orale d’admission du concours: « L’épreuve orale d’admission débute par un exposé du candidat portant sur son activité professionnelle en mettant l’accent sur ses compétences. L’exposé est suivi d’un entretien avec le jury. Cette conversation doit permettre au jury d’apprécier les qualités de réflexion, les connaissances, les aptitudes et les motivations professionnelles du candidat ainsi que sa capacité à s’adapter aux missions qui peuvent être confiées aux personnels de direction. Durée de l’exposé : quinze minutes. Durée de l’entretien : quarante cinq minutes. Cette épreuve est affectée d’un coefficient 2.» (1)

 

Prendre du recul et se projeter

Puisque l’épreuve orale débute par l'exposé de son parcours professionnel, il faut donc bien le préparer en prenant appui sur son dossier de candidature et le référentiel des personnels de direction. L’enjeu consiste à montrer comment les connaissances et les compétences acquises pourront être transférées dans les nouvelles fonctions de personnel de direction, il ne s’agit pas en effet de faire la narration de soi mais de montrer qu’on se projette dans un nouveau métier, qu’on a réfléchi à ses exigences et aux nouvelles postures qu’on devra adopter, en somme qu'on ne passe pas le concours parce qu’on « tourne en rond dans son métier » ou, pire encore, parce qu’on veut le fuir. Il faut donc expliquer avec modestie ce qu’on est capable d’apporter à la tête d’un établissement et comment on envisage cette nouvelle fonction de cadre de l’Ecole de la République.

Puisque l’exposé sera suivi de questions, il faut faire relire par un tiers son dossier de candidature et établir une liste des questions qu’on aimerait vous poser; l’expérience de chacun est unique, le jury essaiera de savoir ce que vous en avez appris. Le jury insiste également sur la forme de cet exposé, il est hors de question de réciter un texte appris par cœur ou de lire un texte rédigé à l’avance; un plan détaillé, structuré autour d'un fil conducteur avec quelques exemples concrets pour illustrer les compétences acquises et les valeurs qui vous tiennent à cœur devrait faire l’affaire.

Prendre de la hauteur et être à « la hauteur »

Le rapport du jury le souligne : l’épreuve orale cherche d’abord à prendre la mesure d’une personnalité, à évaluer sa capacité à devenir cadre et à occuper rapidement un poste de chef d’établissement. Les qualités de leadership sont essentielles. Le concours ne vise pas d’abord à recruter des bons élèves qui auront fait des fiches pour répondre à toutes les questions sur le système éducatif. Et c’est bien là toute la difficulté de l’exercice, il faut savoir s’affirmer et défendre son point de vue tout en restant à l’écoute des observations du jury et modeste.

Le rapport demande au candidat de rester le plus « naturel » possible mais cela ne signifie pas être familier. On attend au contraire d’un chef d’établissement de bien représenter l’institution, cela passe par la présentation de soi (sa façon s’habiller, de se tenir, d’inter-réagir avec le jury) mais aussi par son élocution et la qualité de son argumentation. Il faut répondre aux questions sans précipitation en utilisant un langage soutenu et en structurant toujours sa réponse. Lorsqu’on est confronté à des situations-problème - avec des questions du type: « que faites-vous si…. » - il faut se positionner comme le garant des valeurs de l’Ecole, comme le représentant de l’Etat et de la politique que souhaite impulser le ministre de l’éducation ou, à l’échelon local, le recteur. Cela suppose de bien connaître cette politique, de suivre régulièrement sur le site du ministère l’actualité de l’Ecole et d'être capable de présenter de façon synthétique les nouveaux dispositifs. Comment en effet être loyal(e) à une Institution si on ne maîtrise pas suffisamment les différentes mesures ou les initiatives de son propre ministère ?

Motivation et partenaires

Le rapport du jury insiste aussi sur la motivation du candidat. Une bonne connaissance de l’actualité de l’Ecole et du système éducatif ne suffit pas, il faut aussi témoigner d’un engagement personnel à la fois dans son établissement mais aussi dans la préparation du concours. La rencontre avec des personnels de direction de différents établissements sera identifiée comme un bon indice et cela d’autant plus que le rôle du chef d’établissement est d’aller vers les autres, de tisser un réseau dans son collège ou lycée mais aussi avec les partenaires extérieurs: associations, entreprises, collectivités locales. Par conséquent, on peut élargir ses demandes d’entretiens à un maire, un conseiller général ou un responsable d’une association - y compris de parents d’élèves - intervenant dans le secteur éducatif. On attend de vous des actes et pas des belles paroles, un chef d’établissement doit s’engager et rechercher le contact de tous: élèves, personnels administratifs et techniques, parents d’élèves, élus, chefs d'entreprise, etc.

Expertise et ouverture aux autres

On attend encore du chef d’établissement qu’il soit le meilleur expert de son établissement, qu’il soit capable d’identifier ses ressources et ses problématiques dans des domaines aussi divers que la gestion, l’administration, la communication, les relations humaines, les relations avec les parents, la vie scolaire, la pédagogie, les programmes et les résultats scolaires, etc. Il faut donc se documenter et collecter des outils essentiels: le réglement intérieur, le projet d’établissement, le contrat d’objectifs, le bilan des absences, le budget de l’établissement, la répartition de la DGH; ce sera plus facile à faire si on est membre du conseil d’administration ou si on a informé son chef d’établissement qu’on prépare le concours.

Il ne faut pas non plus hésiter à solliciter le conseiller principal d'éducation, le documentaliste, l’assistante sociale, l’infirmière, le gestionnaire, l’agent chef et même le cuisinier pour parler avec eux de leur métier car le chef d’établissement est responsable aussi du contenu de l’assiette (il signe les menus avec le gestionnaire) ou de l’entretien des locaux (hygiène, sécurité, etc). La responsabilité du chef d’établissement est globale, il ne faut jamais le perdre de vue, le comprendre sera très apprécié par le jury: « oui, j’ai rencontré le cuisinier de mon établissement pour parler avec lui des repas, des normes d’hygiène et de son travail, de la satisfaction qu’il en tirait ou ce qu’il attend d’un chef d’établissement ».

Travail en équipe et évaluation

Enfin, il faut non seulement savoir décrire précisément les actions dans lesquelles on s’est engagé mais montrer qu’on sait aussi prendre du recul en étant capable d’évoquer les points faibles et les pistes de progrès. Imaginons, que vous vous êtes investi(e) dans l’organisation d’une journée portes ouvertes, dans des actions de tutorat ou de remédiation, dans un projet culturel ou transversal, ....alors posez-vous, pour chacunes d’elles, des questions simples: quels étaient les objectifs ? Ont-ils été atteints ? Si oui, qu’est-ce qui permet de l’affirmer ? L'action mérite-t-elle d’être poursuivie ? Quelles pistes de progrès ou « touche personnelle » proposer  ?

Au cœur du pilotage d’une politique d’établissement, on trouve le travail d’évaluation et c’est très souvent parce qu’on évalue pas ou mal les actions engagées qu’on gaspille des ressources humaines ou financières. Il faut certes savoir impulser avec les équipes des actions mais il faut encore savoir les adapter en permanence aux besoins et aux problématiques de l’établissement. Diriger c’est faire des choix et établir des priorités en s’appuyant sur la réflexion collective mais aussi en bousculant les habitudes et les routines.

Pour conclure

Aucun établissement ne se ressemble et la vie des collèges et des lycées est rythmée par des événements qu’il faudra savoir gérer; à titre d'exemples: tempête de neige, panne de chauffage, des grèves, du harcèlement entre collègues, des intrusions, des vols, des violences entre élèves, des décès de personnels ou de conjoints, des atteintes aux biens, des courriers incendiaires de parents, des délégations de professeurs, des crises de nerfs, des absences qui désorganisent le service, des fautes professionnelles individuelles, des conflits familiaux qui débordent sur l’Ecole, etc. (2) On peut espérer tomber dans un établissement tranquille mais il n’existe pas, ce qui change ce sont les problématiques ! De plus, le ronron d’un établissement peut être brisé du jour au lendemain, on a donc tout intérêt à être bienveillant vis à des autres, à les remercier et à les féliciter quand le travail est bien fait, à créer des occasions positives d’être ensemble, à veiller au climat scolaire et relationnel au quotidien, à valoriser les réussites et savoir en tirer une satisfaction.

Pour réussir dans ce métier il faut avoir un sens politique, savoir évaluer des rapports de pouvoir, savoir se créer des alliés dans l’établissement et à l’extérieur. Le chef d’établissement est fort des relais qu’il a su créer car son travail est de faire faire et non pas de faire lui-même, il est davantage un producteur ou un metteur en scène de cinéma qu’un acteur ! Son travail est parfois invisible, et cela peut être source de frustration mais le principal ou le proviseur n’a pas trop intérêt à « tirer la couverture à lui » sinon on le soupçonnera de mettre l’établissement au service de son ambition plutôt que son énergie au service de l’établissement. Il faut convaincre les autres qu’on travaille pour toute une communauté et être très attentif sur ce qu’on dit de vous et de votre action. Il faut s’attendre à des épreuves subjectives démultipliées; investir dans sa vie privée pour trouver un équilibre personnel est indispensable.

L'épreuve orale se prépare plusieurs mois à l'avance. Les académies proposent heureusement des "galops d'essai" aux candidats, c'est une chance et il faut saluer cet effort de préparation. On l'aura compris - même si cela n'est pas présenté ainsi - l'épreuve orale du concours correspond à un véritable entretien d'embauche. Au delà de l'expertise qu'on peut acquérir par l'expérience et le travail, les qualités personnelles feront la différence: le jury fera confiance à certains profils de personnalité et pas à d'autres...

 

__________________

(1) Cet article a été publié pour la session 2014 sur Cap-Education.fr, il reste selon nous totalement d'actualité pour la session 2015.

(2) Nous voulons attirer l'attention des candidats sur le fait qu'ils n'ont pas choisi un métier de "tout repos", diriger un établissement c'est au quotidien être confronté à de nombreux problèmes qu'on ne soupçonne absolument pas quand on est professeur, on apprend à voir "les choses et les gens" autrement.

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