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Un bon chef d'établissement. Le point de vue de l'Institution

Publié par Concours personnel de direction sur 2 Septembre 2020, 10:45am

Un bon chef d'établissement. Le point de vue de l'Institution

Critères d'appréciation

 

Le référentiel des personnels de direction de 2001 précise les attentes de l’Institution, nous allons ici toutefois les résumer.

Le bon chef d’établissement obtient des résultats mesurables : résultats aux examens (en brut ou en valeur ajoutée), taux d’orientation ou taux de passage dans la classe supérieure, capacité à faire réussir toute une cohorte (sans fuite vers d’autres structures ou établissements scolaires) et évolution des effectifs de l'établissement.

Le bon chef d’établissement sait créer un climat d’établissement apaisé : les conflits entre les enseignants et la direction sont régulés, les parents sont associés à la vie de l’établissement et les relations entre les adultes et les élèves sont suffisamment bonnes pour favoriser les apprentissages. La justice scolaire limite les sanctions et le recours aux conseils de discipline.

Le bon chef d’établissement est capable de piloter le changement et de mettre en place de façon « intelligente » les réformes, il sait utiliser sa marge d’autonomie pour fédérer la communauté scolaire.

Le bon chef d’établissement sait communiquer pour valoriser son établissement, les élèves et les équipes et donner une image positive du service public sur son territoire et à ses partenaires. Cela passe aussi par la présentation de soi, la capacité à s’exprimer en public et à incarner l’Institution. Le bon chef d’établissement a du charisme.

Le bon chef d’établissement est un pédagogue qui est en veille, se tient informer des progrès de la recherche et, à ce titre, est en mesure d’impulser de nouvelles pratiques et des projets innovants.

Le bon chef d’établissement est loyal vis-à-vis de sa hiérarchie, il s’inscrit dans la ligne hiérarchique Ministre-Recteur-Inspecteur d’Académie.

 

Evaluation des Perdir

Lors des entretiens d’évaluation, les chefs d’établissement rendent compte tous les trois ans des résultats et des actions qu’ils ont engagées au regard de leur lettre de mission. Ils seront évalués sur quatre items : capacité à administrer l’établissement, capacité à conduire une politique pédagogique et éducative, capacité à gérer les ressources humaines et capacité à communiquer.

L’échelle de notation comporte quatre degrés : sans objet, bien, très bien et excellent. L’évaluation tient compte du type de poste. En général – parce que ses missions sont moins étendues – l’adjoint aura une évaluation plus faible que son chef d’établissement. Les proviseurs de lycée en poste, surtout s’ils sont à la tête d’établissements prestigieux, auront une évaluation plus haute. Enfin, il y a « un effet d’hystérésis » : l’évaluation tient compte de la carrière de chaque personnel de direction et des évaluations précédentes même si une « évaluation sanction » est toujours possible.

Comme toute évaluation, il y a un biais lié à « la qualité » de la relation avec l’évaluateur. On comprend pourquoi certains chefs d’établissement développent « un sens du placement » aigu qui vise, soit à faire parler d’eux (y compris sur les réseaux sociaux), soit à se rapprocher de l’autorité hiérarchique en participant à des groupes de travail ou en invitant régulièrement l’inspecteur d’académie dans leur établissement. La visibilité et la proximité jouent rarement en défaveur des chefs d’établissement, cette règle est valable pour tous les cadres du public comme du privé. Les circonstances peuvent aussi conduire plusieurs chefs d’établissement à être plus exposés (positivement ou négativement) et cela impactera leur carrière. Les inspecteurs d’académie ou leurs adjoints connaissent bien « les chefs », un peu moins les « adjoints », leur évaluation est toujours un mixte d’indices qu’ils peuvent recueillir auprès d’autres acteurs (services de l’inspection, inspecteurs du 2nd ou 1er degré, représentants syndicaux ou des parents, élus, partenaires associatifs ou du monde économique, services de l’Etat, etc) et une étude rigoureuse des indicateurs de l’établissement et de leur évolution. Le chef d’établissement est, en effet, toujours assimilé à son établissement par l’Institution.

 

Extrait de "Professeurs et chefs d'établissement" aux Editions Lulu

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[1] Avec un montant moyen de 2.000 euros pour trois ans, le montant est ridiculement faible (55,50 euros par mois !) et n’a aucun impact sur l’engagement du chef d’établissement au quotidien. La perspective de mutation est un levier bien plus puissant de récompense ou… de sanction. Le vrai pouvoir de l’Autorité est de de choisir qui dirigera tel ou tel établissement sur le territoire. Les chefs d’établissement sont en concurrence pour les établissements les plus prestigieux… ou les plus près de leur domicile !

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