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Vous accompagne pour préparer le concours de chef d'établissement

Du concours de personnel de direction.

Publié par Jean-Marc ROBIN sur 22 Décembre 2016, 00:00am

Du concours de personnel de direction.

Le rapport du jury 2016 était attendu avec impatience. Les lecteurs réguliers des rapports des années précédentes ne seront pas surpris par cette nouvelle édition car les jurys mettent chaque année l'accent sur les mêmes exigences et pointent les mêmes défauts chez les candidats.

Reconnaissance des acquis de l'expérience professionnelle

Un satisfecit, l’épreuve orale ou le dossier RAEP sont mieux préparés par les candidats. Toutefois, la frontière entre la lettre de motivation et rapport d'activité reste floue. Rappelons, que le rapport d'activité vise à mettre en perspective les compétences acquises au cours de sa carrière professionnelle qui pourront être mobilisées pour occuper un poste de chef d'établissement, la lettre de motivation (une page peut suffire) est un document plus personnel qui permet de parler de soi, de ses centres d'intérêts, de ses engagements extraprofessionnels, de ses valeurs et de la façon dont on se projette dans un métier exigeant. Si la lettre de motivation doit exprimer une personnalité, le rapport d'activité se présente comme un bilan de compétences qui doit, sur la base d’exemples judicieux, mettre en lumière les points forts de la candidature. Même si le RAEP n’est exigible que pour les admissibles, sa rédaction (au moins au brouillon) peut être considérée comme la première étape de toute préparation car le candidat doit « être au clair » sur ses motivations et bien cerner les points faibles de sa candidature pour les corriger. Une exigence : l’ensemble du dossier doit être écrit dans un style fluide, et si possible, être agréable à lire, il s'agit de savoir communiquer.

En 2015, nous avions observé, sans doute avec d'autres, que le jury avait proposé aux candidats de plancher sur un sujet relatif au numérique sans que lui-même ne s'empare de « ce levier de progrès ». Nous nous étions interrogés : pourquoi ne pas mettre en ligne de bonnes copies, les jurys de l'agrégation n'hésitent pas en effet à les publier. Cette année, les candidats pourront lire des extraits de devoirs mais le jury doit, selon nous, faire un pas de plus et proposer une bibliographie pour renforcer les connaissances sur le système éducatif et les différents types d'établissement.

L'épreuve écrite

En exigeant du candidat de savoir rédiger une lettre (ou une synthèse), un plan d'action et des outils de communication (diaporama,…), l'épreuve écrite mobilise l'intelligence situationnelle : savoir réaliser un rapide diagnostic à partir de différentes sources, construire des propositions opérationnelles qui autoriseront des progrès, enfin exposer et faire partager ses choix aux membres de la communauté scolaire. Ces compétences sont celles de tout cadre, elles laissent globalement en suspens (au moins jusqu'à l'oral) la maîtrise d’une culture générale dans le domaine de l'éducation. L’Ecole est une « institution culturelle », l'écrit doit permettre de repérer les « candidats qui lisent », qui ne sont pas enfermés dans un culture professionnelle étroite. L’autorité du chef d'établissement ne se fonde pas seulement sur ses prérogatives, sur une intelligence relationnelle ou sur une bonne connaissance de l'établissement scolaire. Son autorité doit pouvoir aussi s’appuyer sur une expertise, sur une culture transversale de l’Ecole dont ne dispose pas la majorité des professeurs. Avec l'autonomie grandissante des EPLE, la créativité et l'innovation seront les véritables moteurs du progrès des organisations. L'intelligence collective d'un collège ou d'un lycée a donc besoin d'être stimulée par une équipe de direction en veille, capable notamment de faire le lien avec la Recherche en éducation. Aujourd'hui plus qu'hier, nous avons besoin de personnels de direction managers et experts.

Un seul concours

Dans le cadre de la revalorisation des métiers de l'éducation, les organisations syndicales de personnels de direction militent pour la création d'un seul concours offrant un déroulement de carrière plus rapide aux anciens professeurs des écoles, certifiés, Cop ou CPE. La division entre les agrégés et les autres va disparaître, chacun sera bien sûr reclassé en fonction de son indice. Cette unification symbolique du corps, via un concours unique, va dans le bon sens mais elle ne doit pas dévaloriser le concours et décourager les agrégés. Depuis plusieurs années, l'attractivité du concours de personnel de direction ne se dément pas. Avec 6 candidats pour 1 poste (3 600 présents pour 600 emplois offerts au C1 et C2 en 2016), le nombre de 4 candidats pour 1 poste censé assurer la qualité du recrutement, est largement dépassé. On peut donc modifier l'épreuve écrite et la rendre plus exigeante en créant une épreuve supplémentaire. Celle-ci pourrait prendre la forme d'un devoir de 2 heures sur une grande question dans le champ éducatif. L'écrit durerait 6 heures et se composerait d’une épreuve sur documents (4 h) et d’une « mini-dissertation » (2 h). Cette proposition – qui va me valoir des critiques des candidats - enverrait un signal clair à tous : à la tête des établissements, on a besoin de bons connaisseurs des questions d'éducation. Car il suffit de parler avec les professeurs pour bien mesurer la faible considération qu'ils peuvent souvent avoir pour leur Direction. N'est-elle pas liée, pour partie, à l’absence d’exigences académiques à l’écrit du concours ? Pour être totalement crédibles, les chefs d'établissement doivent pouvoir revendiquer la dimension « intellectuelle » de leur métier et pas seulement « managériale ».

La fusion du concours C2 et C1 doit être l'occasion de faire un bilan et de faire évoluer les épreuves car beaucoup se joue, comme pour les enseignants, dès l'entrée dans la carrière. Nous militons pour une revalorisation globale des personnels de direction : financière, intellectuelle et symbolique. C’est à cette condition qu’un rapprochement sera possible avec les inspecteurs pour créer le grand corps des cadres dont l’Ecole de la République a besoin. Le jury ne peut pas regretter de façon récurrente la méconnaissance par les candidats de l’actualité de l’éducation, des réformes successives, des systèmes éducatifs étrangers ou des rudiments de l’économie de l’éducation sans voir que les épreuves du concours pilotent la préparation des candidats et construisent dans la durée une représentation du métier et un véritable habitus professionnel.

 

Notre billet sur le rapport du jury 2015

Commenter cet article

MARGANTIN 17/11/2016 00:23

Il est étonnant de voir que l'une des copies mise en ligne pour la première commande contienne (à la page 5) le nom, le prénom et la date de naissance de la candidate.

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