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Quelle gouvernance pour les établissements scolaires ? Les primaires à droite.

Publié par Jean-Marc ROBIN sur 10 Octobre 2016, 12:34pm

Quelle gouvernance pour les établissements scolaires ? Les primaires à droite.

Le second tour de la primaire des candidats de la droite et du centre est l’occasion de se pencher sur leurs propositions concernant l’Ecole, ici sur le rôle des chefs d’établissement. Les deux finalistes partagent une conviction : les établissements scolaires doivent avoir une autonomie pédagogique accrue pour disposer des outils (dotation horaire non fléchée, organisation des services des professeurs, choix de la structure en groupes et classes, …) et mieux s’adapter aux besoins des élèves en fédérant les équipes autour d’un projet d’établissement solide. L’autoévaluation est encouragée, elle est même considérée comme indispensable pour François Fillon qui préconise que ses résultats soient régulièrement présentés au conseil d’administration. Autre point d’accord, le recrutement des professeurs : il doit être « local ». Mais ici des divergences apparaissent : alors que François Fillon veut le confier au chef d’établissement, Alain Juppé souhaite confier le recrutement à un conseil éducatif (1) qui réunit, autour du principal ou du proviseur, des enseignants investis dans le pilotage.

Intelligence collective

En matière de gouvernance, les deux candidats font un diagnostic sensiblement différent. Alain Juppé veut renforcer l’intelligence collective et créer les conditions d’une meilleure coordination en étoffant l’équipe de pilotage. Il propose en effet la création d’un conseil éducatif qui se verrait confier le recrutement final du chef d’établissement. Le Recteur prépositionnerait trois ou quatre personnels de direction qui viendraient exposer leur projet aux professeurs membres du conseil éducatif, ces derniers choisiraient le candidat le plus convaincant et, sans doute, le plus proche d’eux. Quand Alain Juppé s’inspire de l’Université qui élit son Président, François Fillon souhaite importer le modèle des établissements privés sous contrat. Le chef d’établissement restera nommé par le Ministre de l'Education, il doit devenir un vrai manager qui dirige, recrute et évalue ses équipes ; les enseignants seront en quelque sorte « ses collaborateurs ». Toutefois, le vainqueur du premier tour ne désire pas promouvoir un chef d’établissement « tout puissant », la présidence du conseil d’administration sera confiée à une personnalité extérieure et un représentant des parents, élu par l’ensemble des familles, occupera la fonction de vice-président du CA. Il s’agit de s’assurer que les chefs d’établissement du public soient davantage à l’écoute des parents et de leur environnement économique et social (2).

Gouvernances plurielles

Alain Juppé et François Fillon considèrent ensemble que l’innovation pédagogique et la performance scolaire seront la conséquence d’une nouvelle gouvernance et d’une autonomie accrue des établissements. La question qui se pose est de savoir si on peut généraliser ce nouveau modèle à l’ensemble des EPLE. Les collèges et les lycées ont des tailles variées, ils ont une histoire et des cultures parfois très différentes. Ainsi, dans un lycée de plus de 200 professeurs, avec des classes post-bac et une part importante d’agrégés, les enseignants - qui disposent d’une autonomie très forte dans leur travail - ne deviendront jamais des collaborateurs du proviseur. D'ailleurs, le proviseur n'est pas toujours en mesure d'associer sans se tromper un visage à chaque nom ! Dans la conclusion de Professeurs et chefs d’établissement (3) nous préconisions d’expérimenter des formes plurielles de gouvernance pour répondre à la diversité des situations et des collectifs de travail.

Aujourd’hui, la majorité des chefs d’établissement n’exige pas des changements aussi radicaux dans la gouvernance mais davantage des ajustements. Par exemple, être associé « à part égale » avec les inspecteurs pédagogiques à l’évaluation et à la promotion des professeurs ou disposer des moyens financiers pour élaborer un plan de formation local capable de répondre de façon réactive aux besoins des équipes. Enfin, beaucoup de personnels de direction aimeraient pouvoir organiser librement – c’est-à-dire sans injonctions hiérarchiques - les coopérations dans le cadre des bassins d'éducation ou des districts. Les chefs d’établissement expérimentés savent qu’il n’y a d’intelligence que « collective » et qu’il s’agit de la promouvoir dans l’établissement comme entre les établissements du secondaire, mais aussi du supérieur et du premier degré.

 

(1) Mes chemins pour l'Ecole, Alain JUPPE

(2) Programme de François FILLON (volet Ecole)

(3) Professeurs et chefs d'établissement, dans les coulisses d'une relation professionnelle, Jean-Marc ROBIN, (2015)

 

 

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