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Chef d'établissement, le coeur du métier

Publié par Concours personnel de direction sur 28 Avril 2016, 23:00pm

Chef d'établissement, le coeur du métier

Bien sûr, le chef d’établissement est d’abord un pédagogue mais au quotidien la gestion des ressources humaines et la communication occupent une part importante de ses journées. Le principal ou le proviseur est d’abord un manager, la formation initiale et surtout continue des chefs d’établissement devrait mieux le prendre en compte. Les candidats au concours de personnel de direction doivent se faire une idée juste du métier avant de passer les épreuves.[1]

Un manager d’abord

On n’imagine pas lorsqu’on est professeur - c’est sans doute moins vrai pour les conseillers principaux d’éducation - la diversité des situations que l’on va devoir gérer et réguler. Le chef d’établissement ne doit pas seulement devenir un expert capable d’optimiser des ressources rares (heures d’enseignement et crédits pédagogiques), savoir insuffler le goût pour l’innovation pédagogique, ou encore œuvrer auprès des équipes pour que les élèves en difficulté bénéficient d’un accompagnement personnalisé et bienveillant. Le pilotage pédagogique - c’est un regret récurrent des personnels de direction (Barrère, 2006) - n’est pas, au quotidien, le cœur du métier.

Le cœur du métier est ailleurs, c’est d’abord, la gestion des ressources humaines : faire travailler les acteurs ensemble, réguler les conflits, gérer les absences ou les défaillances, remobiliser les individus, organiser le remplacement, etc. Le cœur du métier, c’est aussi la communication : valoriser les projets, rencontrer les parents, les partenaires, négocier avec les représentants des personnels, représenter son établissement à l’extérieur, etc. Enfin, le cœur du métier c’est gérer l’imprévu : la canalisation d’eau chaude qui explose, des pannes de réseau informatique, des chantiers qui n’avancent pas, les incivilités ou les violences, des accidents, des deuils parfois, etc. Rares sont les journées où on peut rentrer chez soi en se disant qu’on a réussi à boucler ses dossiers. Pour s’en sortir il n’y a pas d’autres solutions que de déléguer, de faire confiance mais surtout de hiérarchiser ses priorités, même s’il faut aussi, quand c’est nécessaire, savoir « reprendre la main » avec tact. Personne ne sera jamais préparé à gérer tous les évènements qui bousculent la vie d’un établissement, la formation ne remplacera pas l’expérience acquise.

Le chef d’établissement est avant tout un chef d’équipes, et c’est bien dans ce domaine, celui que les anglo-saxons nomment management, qu’il doit développer ses compétences et adopter un regard réflexif sur sa pratique professionnelle (Bouvier, 2015[2]). Notre institution hésite encore, un indice ne trompe pas : le management et la communication restent des domaines peu approfondis dans la formation initiale des chefs d’établissement. A l’image des enseignants pour lesquels les connaissances académiques priment sur la dimension relationnelle et éthique du métier d’enseignant, le chef d’établissement est d’abord vu comme un pédagogue plutôt que comme un manager. Mais quelle efficacité concrète aura un expert de la pédagogie s’il multiplie les erreurs et les maladresses dans le management des femmes ou des hommes placés sous sa responsabilité ? Les plus beaux projets pédagogiques ou éducatifs peuvent ne jamais voir le jour, voire créer des tensions, faute d’un management adapté. On n’impose jamais rien aux enseignants !

[1] Cet article est extrait de la conclusion de Vingt situations-problèmes pour préparer le concours de chef d’établissement, Jean-Marc Robin, Ebook, 2015

[2] Le management pédagogique de proximité in L’autonomie, pour quoi faire ? Administration et Education (n°3 :2015)

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