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Concours Personnel direction: rapport jury 2015

Publié par Jean-Marc ROBIN sur 22 Octobre 2015, 12:31pm

Concours Personnel direction: rapport jury 2015

La publication du rapport du rapport du jury est toujours attendue avec impatience par les candidats. Le rapport 2015 rappelle les exigences incontournables et prodigue des recommandations très utiles. Le premier conseil c’est de préparer le concours avec sérieux, de consacrer suffisamment de temps à l’élaboration de son dossier – cette année les candidats disposent d’un délai plus important (fin mars) et la longueur du rapport d’activité ou de la lettre de motivation a été réduite à deux pages – mais surtout de bien préparer l’écrit et l’épreuve orale.

Le rapport du jury décortique de façon fine les attentes et l’utilisation souhaitée de chaque document. Le sujet de la session 2015 consistait pour un proviseur-adjoint à présenter un plan stratégique pour faire du numérique un levier de réussite scolaire et éducative. Si le sujet a décontenancé de nombreux candidats, le thème retenu s’inscrivait parfaitement dans les tendances lourdes du système éducatif. La lecture régulière des dossiers de presse - de mieux en mieux élaborés - publiés par le site du ministère ou des différentes annonces de la Ministre sur son propre site aurait dû permettre à chacun de disposer d’éléments de base pour alimenter sa réflexion. Le rapport l’indique à plusieurs reprises : l’existence d’une préparation académique ne dispense pas le candidat d’un travail de veille et d’approfondissement de ses connaissances, y compris dans les domaines scientifiques "des apprentissages ou des ressources humaines". On notera toutefois que le jury ne propose aucune bibliographie précise.

Quelques constats quantitatifs

Si le jury s’inquiète de la baisse régulière du nombre de candidats se présentant au C1 (niveau agrégé) au point, dans les années à venir, de menacer la qualité du recrutement, le rapport souligne la sélectivité du concours C2 (niveau CAPES). Grosso modo un candidat présent à l’écrit sur six obtient le concours, le taux de sélection est de 1 sur 3 à l’écrit et de 1 sur 2 à l’oral. L’opération est lourde car entre le C1 et le C2 il s’agit de corriger plus 3.600 copies et de faire passer en région parisienne 1.200 oraux.

Les statistiques révèlent plusieurs tendances :

-Les femmes sont plus nombreuses à se présenter, elles réussissent proportionnellement mieux que les hommes le concours C2 que le C1.

-C’est dans la tranche 35 – 45 ans qu'on recrute d’abord les lauréats mais le taux de réussite des plus jeunes (moins nombreux) est plus élevé (C2 : 28,8 %). Pour le C2 l’âge du benjamin est de 28 ans et du plus âgé de 62 ans. Le recul de 4 ans de l'âge du lauréat le plus expérimenté est une excellente nouvelle car ce recrutement est conforme aux valeurs de l’Ecole (la lutte contre toutes les formes de discrimination) et s’inscrit dans le recul progressif du départ à la retraite à taux plein.

-Les taux de réussite peuvent varier fortement selon les académies : on a plus de chances de réussir le concours si on s’inscrit à Caen ou à Poitiers (27,1 % au C2) qu’à Strasbourg (8,7 % au C2). Certains académies produisent donc « de la valeur ajoutée négative » et devraient s’interroger : la gestion et la promotion des ressources humaines s’inscrit nécessairement dans un territoire et dans une politique de proximité. Nos collègues de l’Outre-Mer sont particulièrement défavorisés dans leur préparation avec des taux de réussite inférieurs à 7 % pour une moyenne nationale de 16,1 %, cela appelle le développement de ressources numériques. En 2015, le jury s’est toutefois déplacé pour « améliorer les conditions d’accueil et d’interrogation » et réduire les temps de déplacement des candidats admissibles.

Egalité de chances et numérique

Le sujet exigeait des candidats qu’ils déploient une stratégie numérique dans un souci notamment d’égalité des chances, on pourrait proposer que le jury s’empare lui-même davantage de ce « levier de progrès ». Le jury, et on le comprend aisément, refuse d’aller vers plus de standardisation de la formation car il veut pouvoir à l’écrit repérer les innovateurs et à l’oral bien identifier les qualités personnelles. Mais le jury oublie la force de l’exemple en pédagogie : en quoi la publication de cinq à dix bonnes copies voire de très mauvaises copies commentées renforcerait-elle la standardisation ? Certains rapports de jury de l’agrégation n’hésitent pas à publier des excellentes copies sans que cela nuise à la qualité du concours !

De même, le jury s’étonne à juste titre que des candidats connaissent mal le fonctionnement de leur établissement ou du système éducatif, pourquoi alors ne pas demander à chaque académie de « produire » une ou deux études de cas – nous en avons publiée une sur la violence au collège - qui pourraient être mises en ligne et actualisées. On pourrait même envisager que quelques chefs d’établissement de structures différentes témoignent dans des petites vidéos de moins de 10 minutes de leur métier et de sa richesse, cela pourrait un outil pour promouvoir le concours, par exemple en direction des agrégés…

L’existence du CNED ou de préparations académiques de qualité ne peut pas dédouaner le jury d’une réflexion sur sa contribution à l’égalité des chances. Les frais d’inscription au CNED avoisinent 370 euros, avec un salaire moyen de 2.500 euros en milieu de carrière pour de très nombreux professeurs (1) le coût reste élevé sinon prohibitif. Question : pourquoi les fonctionnaires de l’Education Nationale doivent-ils payer le CNED (et donc leur employeur) pour se former et devenir les cadres dont l’Ecole a tant besoin ? Il y a là un thème de réflexion et de négociation pour les partenaires sociaux.

Dans la continuité du sujet judicieusement choisi, nous invitons les membres du jury à faire du numérique un outil au service de tous les candidats et de l’égalité des chances entre territoires.

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(1) C'est encore plus vrai pour les professeurs des écoles, les conseillers principaux d'éducation ou les conseillers d''orientation psychologues.

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